Cette rencontre a bouleversé ma vie

À l’époque où j’administrais le site « Suicide sans douleur« , une femme m’a écrit son histoire en me demandant de la partager, peut-être que celle-ci pourrait aider quelqu’un. Comme le site suicidesansdouleur.com n’est plus, je reprends cette histoire sur mon site personnel.

Je dois avouer que j’ai terminé la lecture avec les yeux pleins d’eau… bref je n’en dis pas plus.

Lisez, ça en vaut les quelques minutes.

Bonjour Christian,

Peu de personne connait mon histoire, peu peuvent la comprendre, l’entendre; mais beaucoup seraient capable de juger, d’interdire, de répréhender.. mais à quoi bon…

J’ai le sens du partage et de l’entraide, d’où mon métier, mais comme j’aurai aimé lire un témoignage de ce type avant de passer à l’acte. J’aurais économisé des doléances, mais surtout ma santé, fragile aujourd’hui!

Accrochez vous, je commence…

J’ai toujours été une fille simple, qui aime les plaisirs simples que lui donne la vie. Seulement je n’ai jamais eu confiance en moi et pour cause, j’ai été démolie en tant qu’enfant, adolescente et jeune femme. On va dire que je n’ai pas vraiment été gâtée de ce côté là. Si on m’a toujours dit que j’étais jolie. Je ne l’ai jamais cru.

Le véritable enfer commence en 2007, où je quitte mon premier amour. Je me mets dans la foulée avec un ami d’enfance, qui semblait tomber à pic à ce moment là. Sans savoir que c’était un tirant domestique et que j’allais lui confier mon passé qui commençait à ressurgir à cette période semble t-il. L’ange adorable s’est vite transformé en démon domestique, parfais à l’extérieur mais un démo à la maison. Je devenais de plus en plus une proie, je m’effaçais de plus en plus et devenais à sa merci. En moins d’un an, il connaissait mon passé, me faisait croire que j’étais une folle, que personne ne pourrait jamais me supporter à part lui. Il m’a éloigné de ma meilleure amie, de ma famille ( le peu qu’il me reste). J’étais devenue une sous merde droguée à l’éxomil (4 barretes à la fois) pour ne plus capter ses crise, sa folie, ses coups, ses viols déguisées….

Je suis devenue gonflée par les médicaments, agressives, transparentes, l’ombre de moi même…

A la base je ris beaucoup, je suis vivante, hyper active, une boule de gentillesse. En janvier 2008, je n’éxistai plus… Il connaissait mon histoire par coeur, s’en servait pour me tenir : « si tu pars je raconte tout ».

Je me suis laissée faire jusqu’au jour où : j’ai eu un grave accident de voiture durant mes oraux de bts le weekend en revenant chez nous. Une crise de trop, une séquestration de plus, j’avale une boite de médoc et je m’enfui en pleine nuit dans les routes dangereuses des …, en direction de l’autoroute pour rentrer à mon appart à 300 km de là. 20 minutes plus tard je m’envoyai a 100 dans un ravin; la suite est horrible…..

A priori, une automobiliste a vu l’accident, et est venue me porter secours. elle a pris mon téléphone et a appelé la personne noté sous un nom doux!! Erreur, les pompiers n’ont même pas été prévenu, lui leur a répondu que j’étais une folle suicidaire et qu’il prennait tout en charge! 30 min je suis restée dans la voiture a souffrir le martir, il est arrivé ni une ni deux, (lui est pompier de métier), m’a sortie de la voiture sans précaution ma jeté a l’arriere de sa voiture en me fillant régulièrment des claques pour me réveiller………….. puis il m’a enmener aux urgences: bilan bleu, a cause des claques, trauma léger, coup du lapin, deux cotes felées sans compter le traumatisme et les multiples contusions.

J’ai finie par être hospitalisée en maison de repos deux mois avec surveillance et un traitement de cheval, par ma mère et l’intervention de mon frère (deuxième bourreau) pour que je ne me mette pus en danger et me préserver de lui!!! plus d’un an et demi après et des actes posé terrible!

Durant ces deux mois, il a fallut que je raconte ma vie, mon passé, non sans mal. j’ai pas vraiment pu. j’étais sans cesse mis sous traitement fort et mes images fortes revenaient d’une violence terrible et à n’importe quel moment. J’étais submergée de douleur, de peine, j’avais besoin que cela s’arrête… mais avant, j’ai décidé d’en parler à ma famille, pour mon « coming-out » et aller passer une convalescence chez mon père pour enfin le retrouver, mon papa si aimant!! pfffff, quelle erreur encore là!!!!

Mon père ne m’a pas cru, ma mère elle c’est effondrée et encre aujourd’hui c’est elle qui souffre à ma place, super!

Bref, je leur ai raconté la vérité : pendant des années, ça a commencé vers mes 6 ans, mon frère montrait un intérêt particulier pour les bouquins de sexe(ceux de mon père). On ma dit mais c’est la découverte du corps… Mais bien sur!! D’années en années, il me forçait à le toucher, à faire des jeux, puis fellation (viol pour l’Etat francais), puis fellation devant ses amis, avec ses amis. Tentative de pénétration avec des objets( je vous passe les détails); reproduction de certains actes devant des films érotiques. Je devait m’habiller avec les sous vêtements de ma mère, faire un strip tease à 12 ans!!!!!
J’étai tenu par les coups au secret! J’ai réussie à mentir à ma mère sur mon nez cassé et déplacé pendant plus de cinq ans en lui racontant que je m’étais pris une branche d’un arbre en ski de fond!!! La journée je subissai ces humiliations aux collèges, coups, railleries, racket, pour le soir finir dans sa chambre.

Il avait une chambre en hauteur, accessible que par une échelle au grenier. donc si mes parents voulaient venir voir on les entendait de loin!!!!! je ne voulais jamais y aller dans cette chambre, c’était ma propre mort qui m’attendait!!!

Et j’ai passé des détails. Pas vraiment prise au sérieux et mon frère continuant à faire sa vie, adulée par la famille alors que c un prédateur (condamné en plus pour téléchargement de pornographie infantile : 3 mois sursis pfffff); et moi à souffrir en silence et m’en prendre dans la tête volontairement encore et toujours par mon père chez lui et ma belle mère qui ne me supportait pas!!!
J’étais dépressive, ce n’étais pas un jeu, j’avais besoin d’aide. Ben un jour d’aout 2008, le 31, après avoir rammassé suffisament de médicament fort pour en finir, j’ai fait l’acte ultime et j’ai attendu. J’ai répété à ma mère tous les jours durant que j’étais heureuse, que tout allait bien, sauf que c’est un signe justement….

C’est mon père et ma belle mère qui m’ont trouvé en revenant de leur ballade de bateau, m’ayant laissé seule parce que j’étais devenue un poids…. j’ai fini dans un CHU réputé, en train de partir pour de bon…et soulagée….

Enfin, je partirai libre et seule comme cette dernière année de souffrance… puis même avec un quart du foie restant, deux antidotes plus tard, trois jours de réa me voilà à nouveau ouvrant les yeux sur cette vie de merde et les gens pourris qui m’entourent (excusez ma franchise)…

J’ai pleurée pendant trois semaine pour qu’on me laisse mourir, j’ai tenté de m’arracher les perfs, d’ouvrir les fenêtres, m’étrangler avec les fils, m’enfuir, rien à faire j’étais surveillée puis droguée pour me calmer!. (mon père n’est venu qu’une fois en deux mois savoir si j’étais pas morte, je ne l’ai jamais revu depuis).

UN JOUR, en présence d’une infirmière, on m’a autorisée à aller fumer une clope. Je tombe sur une femme, dix ans de plus me fixant, titubant autant elle que moi, elle avec ses fils et moi, cuite par les calmants. ON SE REGARDE PUIS ON SE PRÉSENTE : je dis : »bonjour, je m’appelle …, je suis une rescapée du suicide »; elle me dit « bonjour je m’appelle …., je suis diabétique, je suis battue par mon mari, mais j’aime la vie »…..

Cette rencontre a bouleversée ma vie. Et à partir de ce jour là, nous nous sommes plus jamais lachées. L’une comme l’autre nous nous sommes soutenues dans les pires moments. Je n’ai pas eu peur qu’elle me juge, elle vivait déjà un enfer. Mais cest sa force de caractere, sa bonne humeur et son optimisme cosntant qui ma redonné gout à la vie. Sans elle, je ne serai peut etre plus là. elle ma sauvée la vie par ces mots, sa joie et sa bone humeur…..

Aujourd’hui quand j’écris cela je suis très émue, car je la vois peu mais nous pensosn tjs l’une a lautre et notre lien est inexplicable… elle s’en est sortie depuis, elle est tjs malade mais n’a pas perdue sa bonne humeur.
Le jour de mes 25 ans elle était au rendez vous pour me faire la surprise et me rebooster à nouveau…
Quand j’ai une baisse de moral, je pense à elle, et je lui dis merci chaque jour!!! bien sur, après cela, un suivi de plus de deux ans chez un psy ma permi de mettre en mots mes maux et d’avancer.

Aujourd’hui, il me reste un an d’étude avec de devenir educ et grace a ma force et ma volonté j’ai pu continuer à me battre, car c’est un cadeau, diffcile et horrible parfois mais tellement enrichissant humainement….

Je ne vis pas un jour sans penser a ce qu’on m’a enlevée, mon innocence, ma dignité, je ne serai jamais une femme accomplie.
Mais ce n’est plus moi donc il est question maintenant, je travaille avec l’humain donc je regarde devant et fiat tout pour leur venir en aide!!!!!

Rien n’est impossible, il y a des gens bien qui prendrons le temps de vous écoutez, j’en fais parti….

One thought on “Cette rencontre a bouleversé ma vie

  1. Témoignage très troublant. Après avoir lu j’avais les larmes aux yeux.Je me demande comment le a pu faire pour s’en sortir. Rien n’est jamais perdu mais il lui a fallu du courage.

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